Firfol

Bien-être du cheval :
10 conseils pour aller dans le bon sens !

Quand on parle d’éthologie ou d’équitation comportementale, il est difficile d’aligner plus de trois phrases sans prononcer un mot essentiel : « respect ».

Et une chose est évidente : ce respect ne se limite pas aux 60 minutes que le cavalier passe en selle, sur le dos de sa monture. Que nenni ! La bienveillance  qui s’impose dans la relation homme-cheval doit s’entendre au sens large, avec un horaire souple. Impossible de la figer entre 2 aiguilles …

Car de son côté, le cheval ne compte pas. Il donne et redonne, encore et toujours, avec une générosité qui inspire … le respect. Nous y revenons !

Pour toutes ces bonnes raisons, le blog de Firfol a choisi de s’attarder sur les habitudes et les comportements qui permettent d’améliorer le bien-être du cheval, son bien-vivre. Voici donc, sans exhaustivité, une première série de 10 conseils pour chouchouter l’équidé de votre cœur.

1 - Un rythme à respecter

Juste une question : êtes-vous 100% rayonnant, disponible et abordable au saut du lit, quand vous n’avez pas encore bu votre café, avalé un jus d’orange et/ou engouffré votre croissant au beurre ? Non, c’est clair ! Soyez lucide et dites-vous bien qu’il en va du pareil à l’identique pour Spirit et ses copains. Or, on le constate, la plupart des cavaliers ne se posent pas forcément la question : ils vont voir leur cheval quand ils y pensent ou quand ils en ont l’occasion, sans intégrer le « temps du cheval ».

Dans certains cas, vous pouvez mal tomber. Il est bon de le savoir. Si vous perturbez votre cheval trop souvent, il risque de devenir agité, désagréable. Exactement comme si on vous dérangeait à répétition, en plein sommeil ou au moment où vous passez à table. Notre conseil numéro 1, c’est donc de respecter les cycles de votre équidé chéri.

La journée commence et se termine avec les repas

Dans la mesure du possible, mieux vaut éviter les incursions dans l’écurie trop tôt le matin, avant que les chevaux soient nourris, ça peut les tracasser. Idem après le repas du soir, cela ne peut que perturber leur rythme de repos.

Les écuries ne sont pas des plaines de jeux

D’une façon générale, l’animation normale d’une écurie permet au cheval de ne pas s’ennuyer, mais trop d’animation va l’agacer ! Le côté ruche en ébullition ne profite à personne.

2 - Le langage tactile

La nature nous a offert plusieurs sens et il est bon de s’en servir. Voir, sentir, écouter, … Toutes les perceptions jouent un rôle à l’écurie, et le toucher n’est pas en reste.

Au-delà de l’odorat, le « tactile » est l’une des clés utilisées par les chevaux pour faire connaissance, avec l’homme et avec leurs congénères. Quand vous ouvrez la porte du box, laissez bien votre cheval vous sentir et vous toucher avec son bout du nez.

Et quant à vous, n’hésitez pas : touchez-le, caressez-le. Apprenez à connaître les endroits qui lui font du bien. Le plus souvent, les chevaux apprécient les gratouilles sur le front, un toucher derrière les oreilles, une main franche le garrot… Il suffit d’observer leurs réactions pour détecter leurs préférences.

Ceci dit, attention : vous êtes un humain et le cheval ne doit jamais vous considérer comme l’un des siens ! Entre eux, les chevaux utilisent le «grooming» : Tu me grattes ? Je te gratte ! Je te mordille ? Tu me mordilles ! Et ce n’est pas pour se narguer, mais juste pour se «masser».

3 - Un massage en 2 temps, avant et après

Comme le sportif qui surveille son corps pour s’entretenir, le cheval mérite votre attention avant et après l’effort que vous lui demandez. Avec un peu d’habitude, 5 minutes suffisent en amont pour échauffer ses grosses masses musculaires et 5 minutes suffisent en aval pour lui éviter les courbatures du lendemain.

Pour ce massage avant et après, il existe des appareils pratiques et supers sophistiqués (dont certains mangent sérieusement dans le portefeuille), mais il existe aussi des «ustensiles» très simples et peu coûteux, à la portée de tous les cavaliers : la paille et l’étrille, tandem de choc !

Avant le travail

Le pansage ne sert pas uniquement à rendre le cheval présentable. Cette phase de contact est déterminante pour le rendre psychologiquement et physiquement prêt à bosser. Le conseil : utilisez l’étrille en gestes circulaires. Il ne faudrait jamais négliger cette étape.

Après le travail

Quand la séance de travail est terminée, le bouchon de paille permet d’enlever la transpiration, mais aussi de masser et d’éviter les courbatures du lendemain. Trois zones sont à privilégier pour un massage efficace : le dos, l’encolure et les fessiers.

4 - Utilisez un matériel propre

Il est évidemment conseillé d’utiliser un matériel propre et bien entretenu, mais certains cavaliers n’y prennent pas garde. Peut-être faudrait-il leur mettre en bouche un mors sale, plein d’aliments ou de paille séchée. Ou leur coller sur le dos un tapis de selle humide et collant, rempli de poils et de sueur ?

Clairement non ! Alors, zéro doute : votre cheval mérite que vous passiez un peu de temps pour entretenir et décrasser les différentes pièces du harnachement. Sans oublier les réglages à la bonne mesure ! Il ne doit pas être agréable de se prendre les lanières (montants de muserolle ou de mors) dans les yeux à chaque foulée de trot ou de galop, ou de s’irriter le pli des paturons parce que les guêtres sont trop grandes.

Donc attention ! Dernier point : avant de dire au-revoir à votre monture, concentrez-vous 1 minute pour vous assurer que vous n’avez vraiment rien oublié. Il n’est pas rare de voir qu’un cheval a gardé des guêtres toute une nuit parce que son dernier cavalier n’avait même pas pensé à regarder ses jambes et ses pieds à la fin de la leçon. Et n’oubliez jamais le petit coup d’œil à l’abreuvoir.

5 - Friandises : avec modération et justification !

Bienvenue dans la séquence « miam » : les bonbons pour chevaux, les carottes, les pommes, le pain sec, … Il est clair que les friandises ont un effet bénéfique sur le moral de nos amis équins, mais il faut toujours choisir le moment !

C’est là qu’il faut s’appliquer : donnez-les uniquement quand il y a une justification et un contact circonstancié avec votre cheval : à la fin du pansage pour remercier sa patience, par exemple, ou après l’heure de monte pour lui dire merci. Si vous prenez le pli de distribuer vos offrandes à des moments inopportuns, le cheval ne comprendra pas pourquoi il reçoit des friandises et il apprendra vite à mordre pour en réclamer.

Il existe aussi des friandises qui ne sortent pas d’une poche ou d’un petit sachet. Un exemple ? Sortez votre loulou du box, au licol, et emmenez-le dehors pour brouter le long du chemin (non traité bien sûr), juste comme ça, pour le plaisir !

6 - Intégrez l’échauffement dans votre timing

On le répétera encore des milliers de fois : le cheval n’est pas un vélo. Il ne suffit pas d’enlever le cadenas et de poser vos fesses dessus pour que tout roule !

L’échauffement est une étape qu’un cavalier attentif et respectueux ne peut en aucun cas négliger. À Firfol, c’est un point sur lequel nous insistons en permanence. Pas question de voir un cavalier qui monte sur son cheval dès la sortie du box.  

Pour entamer une séance de travail correctement, il est bon de marcher un peu les rênes longues, sans humain sur le dos. Le corps du cheval sera plus détendu et la selle trouvera mieux sa place. Il pourra se dégourdir les jambes et les idées. Si ça tombe, il sort juste de sa sieste. Pensez-y ! Il est peut-être un peu courbaturé suite aux efforts de la veille ou plombé pas plusieurs heures d’immobilité dans son box ?

Impossible de viser le bien-être de votre cheval sans vous intéresser à ce qu’il ressent dans le corps et à ce qui peut lui passer par la tête. Aujourd’hui, il a peut-être besoin de jouer quelques minutes. Regardez-le et son œil va vous le dire : il veut s’éclater un peu, et puis promis, il sera sage comme une image, aux ordres, mobilisé à 100% pour vous satisfaire.

7 - Ennui rime toujours avec ennemi

Dans la nature, le cheval passe plus de la moitié de son temps à se nourrir, le quart à se déplacer et jouer, et le reste à somnoler.

Quand les chevaux vivent en box une partie du temps, il faut tirer les enseignements de cette observation et agir en conséquence. Le pire des cas, c’est un cheval sur copeaux, dans un box avec des murs pleins, dont l’horaire est à peu près celui-ci : nourriture concentrée matin et soir, foin 1 fois par jour, vue sur une cour fermée et propriétaire venant 2 ou 3 fois dans la semaine pour monter 1 heure … Sur le plan des contacts, ça frise le minimum vital, d’autant plus quand les granulés sont distribués en mode automatique.

Dans la mesure du possible, il faut égayer ce scénario ! Au niveau des installations, il est important de permettre au cheval de voir et de sentir ses copains, tout en évitant les empoignades et le chambard au moment des repas. Les séparations grillagées sont idéales de ce point de vue.

Les contacts participent à l’animation de l’écurie, idéale pour couper l’ennui, mais ce dont le cheval a impérativement besoin, c’est de sortir des murs et de goûter à l’air frais. Si vous n’avez pas l’occasion de vous en occuper, il importe d’organiser un plan B avec un autre cavalier ou toute personne capable de manipuler un cheval en respectant vos consignes.

8 - Légèreté de la mise en selle

Le moment de la mise en selle est très important. C’est lui qui donne le ton de l’heure qui commence. Il y a des cavaliers souples, d’autres raides, des chevaux petits, d’autres très grands. De mauvaises conditions de mise en selle font que beaucoup de chevaux n’apprécient pas ce moment et bougent, mordent, …

Dans l’optique du respect, ce geste initial mérite toute votre attention. Il ne faut pas oublier que l’appui de quelques secondes sur un étrier déséquilibre le cheval, et que ça tire sur son dos encore froid.

Comment s’y prendre ?

D’abord et avant tout, notez qu’il est facile d’allonger l’étrier et qu’il n’y a pas de honte à avoir : le confort du cheval est prioritaire. Et si votre monture est vraiment sensible du dos, n’hésitez pas à demander de l’aide pour qu’on vous mette à cheval : la plupart des cavaliers internationaux le font ! Enfin, une fois le pied à l’étrier, ne traînez pas en route et a-mor-tis-sez votre descente en selle.

9 - Les jambes !

Cela pourra sembler curieux pour certains humains, mais c’est notre sentiment : le bonheur d’un cheval dépend grandement de ses jambes et de ses pieds. Ce sont des zones auxquelles le cavalier doit impérativement porter toute son attention. Il faut donc adapter les soins des jambes à l’intensité du travail effectué par les chevaux.

Les soins minimums

Vérifier, avant et après le travail, s’il n’y a pas de blessures ou de boutons : une plaie microscopique peut très vite se transformer en infection.

Brosser consciencieusement les canons et tendons avant de mettre des guêtres ou des bandes, afin d’éviter les irritations.

Enfin, mettre les protections systématiquement. Prendre le temps d’utiliser des guêtres (propres), même pour un simple travail de plat. Un écart et une blessure sont si vite arrivés.

Et idéalement

Doucher de bas en haut, après le travail, pour (ré)activer la circulation sanguine et éviter l’engorgement des tendons. Sécher et essuyer, surtout le pli du paturon, afin d’éviter les crevasses. En plus, préventivement, on peut appliquer des pommades type « tendon-gel » ou antiphlogistiques et utiliser des bandes de repos, surtout si le cheval a travaillé en terrain lourd.

10 - Et toujours … réfléchir !

Sans faire de l’anthropomorphisme, le cheval est un être vivant, comme vous. S’il vous arrive certains jours d’être en-dedans, à la traîne, avec un bobo par-ci ou par-là, dites-vous qu’il peut en aller de même pour l’animal qui vous accueille sur son dos.

Pour une raison quelconque, il a peut-être mal dormi et ses performances s’en ressentiront. C’est une réalité qu’il faut accepter, sans que le cheval en prenne plein les oreilles et les gencives !

En conclusion

Comme dit dès le départ, ces conseils ne sont pas exhaustifs et leur application n’est pas systématiquement possible, pour différentes raisons. Ce qui compte, pour chaque cavalier, c’est de veiller sincèrement à faire les choses au mieux, en fonction du temps et des infrastructures dont il dispose.

Au centre équestre de Firfol, en Normandie, que ce soit dans le cadre de l’académie, des sports-études ou lors des stages d’équitation éthologique et comportementale, notre équipe s’efforce toujours d’adopter et de transmettre  les bons gestes et les bons comportements.

Le bien-être de nos Irish Cobs, c’est la signature de notre lieu !

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